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SALVATORE PALIDDA-Renversements de l’asymétrie du rapport des forces Sous pression d’un peuple sans armes
SALVATORE PALIDDA-Renversements de l’asymétrie du rapport des forces Sous pression d’un peuple sans armes
(Février 2011) - trad. : A.J, texte italien en annexe.
Par Alain Joxe,
22 mars 2011
Si la victoire de la révolution démocratique en Tunisie et ensuite en Egypte est un fait politique d’une portée tellement extraordinaire, c’est du fait qu’elle était absolument inimaginable, du moins jusqu’au moment même de la chute de Ben Ali. Inimaginable, non seulement au sein du clan maffieux des dictateurs, mais aussi pour les grands experts des puissances mondiales et également pour bon nombre d’intellectuels peut être encore trop ancrés dans la certitude de leurs analyses traditionnelles. Entre parenthèse, l’Italie a montré encore une fois qu’elle était le pays d’Europe le plus provincial et même celui qui connaît une privatisation de la politique extérieure de la part de Berlusconi et de son ministre des affaires étrangères qui tient le rôle du serviteur stupide. Remarquons que dans les autres pays il y eut des émissions de Télé en direct donnant la parole à des invités et à des commentateurs de qualité, pendant des journées entières, à partir de l’explosion de la révolte tunisienne et ensuite de la chronique de la place Tahrir en Egypte Le tournant pris, du point de vue du cadre néoconservateur néolibéral dans lequel nous vivons depuis 30 ans, concerne les caractéristiques suivantes :
1. Ces révolutions sont avant tout le fruit d’une mobilisation extrêmement tenace, sans précédents de jeunes gens, de jeunes filles et de femmes, et ensuite de la majorité de la population y compris les enfants, qui ont vaincu leur peur, grâce à une capacité de solidarité humaine et politique qui a englobé et a su se rallier les différentes idéologies politiques et religieuses grâce au bon usage des nouvelles techniques de communication.
En Tunisie, des délinquants bien armés déchaînés par le clan criminel des Benali-Trabelsi ont été vaincus grâce aux groupes spontanés d’habitants formés dans les différents quartiers et qui n’étaient armés que de quelques bâtons et de quelques couteaux. Les révolutionnaires de la place Tahrir ont été capables de repousser l’attaque extrêmement violente des lansquenets de Moubarak, en inventant la fortification du centre de la place et, alentour, les dispositifs de secours sanitaires et les nombreux canaux de ravitaillement de tout ce qui était nécessaire pour tenir jusqu’à la victoire.
2. Il est évident, surtout dans le cas égyptien que l’« ingérence démocratique » qu’Obama a expérimenté à cette occasion, a pesé pour beaucoup, mais il est parfaitement discutable d’affirmer qu’il se soit agi d’une “révolution” téléguidée à la manière des révolutions « coloriées » qu’on avait pu voir dans les pays de l’Est. L’administration Obama a eu là une occasion exceptionnelle, pour prouver qu’il existait une alternative à l’échec de l’exportation de la démocratie telle qu’elle fut tentée, en Afghanistan Iraq et dans les Balkans comme en Colombie et ailleurs, par la guerre permanente... Mais ce sont bien les Etats Unis qui ont dû plier et qui on dû, en chemin, ajuster leur tir, parce qu’ils n’imaginaient pas que la mobilisation populaire pourrait être à ce point tenace ni tellement intelligente, et capable de doser à la fois l’usage de la force, l’usage des revendications et même de la communication. Et tout cela sans chefs ni leaders, sans partis ni associations et cependant avec une capacité extraordinaire pour se mouvoir et agir comme un seul homme.
3. Ces révolutions, en fait, ont démontré qu’un renversement de l’asymétrie des pouvoirs et des forces est possible et cela non plus par des attentats suicidaires par bombes humaines (qui n’ont encore jamais renversé aucun rapport de forces) mais précisément par la centaine de milliers de jeunes, garçons et filles et enfants et personnes ordinaires, mobilisés, pacifiquement mais avec une détermination extrême et une grande maturité politique (peut-être justement parce qu’ils étaient dépourvus de leaders, de parti, d’intellectuels et de micro intellectuels à l’occidentale. Tout a commencé par un jeune et quelques autres se suicidant par le feu. Une forme de protestation désespérée. Mais pourquoi ces personnes n’ont elles pas cherché à faire concurrence aux autres kamikazes (provoquant des victimes dans une foule) ? Simplement parce que ces performances du terrorisme islamiste ont démontré qu’elles étaient politiquement peu crédibles et pire, contre-productrices.
C’est ce qu’ont sans doute bien compris les Frères Musulmans égyptiens, eux-mêmes surpris de cette révolution et contraints de s’y adapter. Il est clair que la révolution est encore loin d’avoir atteint des résultats complets et satisfaisants. Mais la ténacité et la maturité politique dont ont fait preuve ces peuples laissent bien espérer qu’il ne s’agit nullement de simples feux de paille allumés par des “agents étrangers”.
4. Ces révolutions et le fait qu’elles aient pu susciter des émulations dans tant d’autres pays, montrent que nous sommes peut être au début du grand déclin du système libre-échangiste et néoconservateur au pouvoir. Ceci précisément parce que l’asymétrie du pouvoir et de la force d’est révélée vulnérable.
En effet cette domination n’a pas réussi du tout à détruire la “densité dynamique” c’est à dire la capacité de construire à partir du nouveau (ex novo), l’agrégation et l’action collective de la partie qui ne disposait pas du pouvoir. Elle n’a su produire que de la corruption et l’ascension de la classe politique la plus ignoble qu’on ait jamais vu depuis 1945, une énorme distance entre richesse et pauvreté et des abus toujours plus scandaleux de la part des dominants. Pour autant rien ne va soudain devenir facile et rapide ; mais le processus né au sein du peuple tunisien déchire les schémas et les status quo qui depuis trente ans paraissait être cristallisés pour toujours. C’est bien la différence avec les révolutions surgies dans les pays de l’Est : nous ne sommes plus dans la phase ascendante de système libéral néoconservateur. .
TEXTE ORIGINAL EN ITALIEN
La vittoria della rivoluzione in Tunisia e dopo in Egitto è un fatto politico di una portata talmente straordinaria da essere stata assolutamente inimmaginabile sino alla caduta di Ben Ali. Inimmaginabile non solo per i clan mafiosi dei dittatori, ma anche per i “grandi” esperti delle potenze mondiali e persino per molti intellettuali forse ancora troppo ancorati agli schemi d’analisi tradizionali. Per inciso, l’Italia si dimostra ancora una volta il paese europeo più provinciale e anche in grave declino grazie anche alla privatizzazione della politica estera da parte di Berlusconi e l’inezia dell’attuale ministro degli esteri ma anche di alcuni suoi predecessori degli ultimi anni (fra l’altro, negli altri paesi ci sono state dirette tv con propri inviati e commentatori di qualità per intere giornate da quando è esplosa la rivolta in Tunisia e poi a p.za Tahrir). In sintesi gli aspetti che possono essere considerati più importanti rispetto anche alle analisi del frame neo-liberale/neo-conservatore di questi ultimi trenta anni, sembrano essere i seguenti :
1) queste rivoluzioni sono innanzitutto il frutto di una mobilitazione tenacissima, senza precedenti, di ragazze e ragazzi, di donne e poi della maggioranza della popolazione -anche dei bambini- grazie alla vittoria sulla paura, grazie alla capacità di una solidarietà umana e politica che ha inglobato e subordinato le differenze ideologiche e religiose e grazie al buon uso delle nuove tecniche di comunicazione.
In Tunisia, i delinquenti ben armati scatenati dal clan criminale Ben Ali-Trabelsi sono stati sconfitti grazie a gruppi spontanei di abitanti dei vari quartieri con in mano solo qualche bastone e qualche coltello. I rivoluzionari di piazza Tahrir sono stati capaci di respingere l’attacco violentissimo dei lanzichenecchi di Moubarak “inventando” la fortificazione del centro della piazza, il soccorso sanitario, diversissimi e numerosi canali di fornitura di tutto ciò che era necessario per poi tenere sino alla vittoria.
2) E’ evidente, soprattutto nel caso egiziano, che l’“ingerenza democratica” che ha sperimentato Obama in questa occasione sia stata di peso, ma è alquanto discutibile affermare che s’è trattato di una “rivoluzione” pilotata al pari di qualche altra vista nei paesi dell’est (vedi quella arancione) e altrove.
L’amministrazione Obama ha avuto infine la prima occasione, eccezionale, per provare un’alternativa alle fallimentari esportazioni della democrazia con la guerra permanente in Afghanistan, Iraq ma anche nei Balcani, in Colombia e altrove. Ma sono gli USA che si sono dovuti accodare e hanno dovuto via via aggiustare il tiro perché non immaginavano che la mobilitazione popolare potesse essere così tenace, tanto intelligente e capace di dosare l’uso della forza, delle rivendicazioni e della stessa comunicazione. E tutto ciò senza capi e leader, senza partiti, né associazioni, eppure con estrema capacità di muoversi ed esprimersi come un sol uomo.
3) Queste rivoluzioni, infatti, mostrano che il rovesciamento dell’asimmetria di potere e di forza è possibile non già con gli attentati degli uomini-bomba (che non hanno rovesciato nulla, anzi) ma appunto con le centinaia di migliaia di ragazze, ragazzi, bambini e persone comuni mobilitati pacificamente ma con estrema determinazione e grande maturità politica (forse appunto perché senza leader, partiti e intellettuali e intellettualini all’occidentale). Tutto è cominciato con ragazzi e persone che si sono uccisi bruciandosi vivi per non sopportare più le angherie del potere ma come una sorta di terribile atto di parresia. Ma perché queste decine di persone non hanno cercato di emulare le persone-bomba ? Semplicemente perché la proposta del terrorismo islamista s’è dimostrata poco credibile e, peggio, controproducente.
Oggi è messa in scacco e probabilmente questo lo hanno capito bene gli stessi fratelli musulmani egiziani essi stessi sorpresi da questa rivoluzione e costretti ad accodarvisi. E’ scontato che la rivoluzione sia ancora lungi dall’aver raggiunto risultati completi e soddisfacenti ; ma la tenacia e la maturità politica dimostrate sinora lasciano ben sperare che non si tratti per nulla di un fuoco di paglia appiccato da agenti esterni.
4) Queste rivoluzioni e la loro possibile emulazione in tanti altri paesi stanno mostrando che siamo forse all’inizio del grande declino del dominio liberista/neo-conservatore. Ciò proprio perché l’asimmetria di potere e di forza si dimostra vulnerabile, perché questo dominio non è riuscito a distruggere del tutto la “densità dinamica”, cioè la capacità di costruire ex-novo aggregazione e azione collettiva da parte di chi non ha potere, ma ha prodotto solo sfacelo, corruzione, ascesa della più ignobile classe politica mai vista dal ’45 (in tutti i paesi), enorme distanza di ricchezza e povertà e sempre più angherie e abusi dei dominanti.
Purtroppo non sarà dappertutto facile né veloce, ma il processo innescato dal popolo tunisino scardina lo schemi e status quo che da trent’anni sembravano cristallizzati per sempre. E a differenza delle rivoluzioni nei paesi dell’est non siamo più nella fase ascendente del liberismo- neo-conservatore.
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