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DOCUMENTS ANNEXES
DOCUMENTS ANNEXES
Dans le texte : E. Canetti : le nouvel Hitler ne sera pas visible (edito) Liban - U.N. Indictments Near in Lebanon Killing, Wall Street Journal 8-11-10 •cf. article 2.02 • OTAN - L’érosion programmée du principe du consensus (droit de veto) •cf. article 2.04 En appendice : 4.01 Extrait du rapport Albright : NATO 2020 - (aspects « offensifs ») . 4.02 Extrait du Nouveau concept OTAN 2010 4.03 IMMARIGEON Diagonale de la défaite 4.04 J.P. BALLIGAND , L’ennemi intérieur
13 décembre 2010
DOCUMENTS EN ANNEXE
01.Rapport Albright : Aspects offensif des tâches de l’alliance :
Se protéger contre les menaces non conventionnelles.
Pour autant que l’Alliance reste vigilante, la probabilité d’une attaque militaire directe à ses frontières est faible, du moins pour l’avenir prévisible. Toutefois, l’expérience nous a montré qu’à notre époque, l’Alliance pouvait être confrontée à des menaces moins conventionnelles, parfois d’origine lointaine, mais susceptibles cependant de compromettre directement sa sécurité. C’est le cas, par exemple, des armes de destruction massive, du terrorisme et des atteintes contre la société par des assauts cybernétiques ou la perturbation illicite des lignes d’approvisionnement critiques. Pour parer à ces menaces, qu’elles relèvent ou non d’une attaque au sens de l’article 5, l’Alliance devra actualiser son approche de la défense de son territoire, tout en renforçant sa capacité à faire la différence dans les opérations militaires et dans les missions de sécurité plus larges, au delà de ses frontières.
• Fixer les principes directeurs des opérations extérieures de l’Alliance. Malgré tous les moyens dont elle dispose, l’OTAN ne saurait régler à elle seule tous les problèmes de sécurité de la planète. C’est une organisation régionale, et non mondiale ; son autorité et ses ressources sont limitées, et elle ne souhaite nullement entreprendre des missions que d’autres institutions ou pays sont tout à fait capables de mener avec succès. Aussi le nouveau concept stratégique devra-t-il fixer les principes directeurs qui guideront l’Alliance chaque fois qu’elle devra décider où et quand faire intervenir ses moyens hors de ses frontières.. (Question : Alliance défensive ou offensive ?
• Réunir les conditions du succès en Afghanistan. La mission de l’OTAN en Afghanistan est la plus vaste que l’Alliance ait jamais entreprise. Tous les Alliés contribuent à cette opération et, récemment, beaucoup ont même renforcé leur participation. Les pays de l’OTAN donnent par ailleurs généreusement pour le développement économique et politique du pays. L’Alliance est déterminée à faire de l’Afghanistan un pays stable, qui ne serve pas de plate forme au terrorisme international ; elle doit continuer de travailler avec ses partenaires pour atteindre cet objectif d’importance stratégique. Pour l’avenir, l’expérience des Alliés en Afghanistan sera riche en enseignements. En effet, elle met en évidence nombre de principes qui devront figurer dans le nouveau concept stratégique, et notamment le besoin de cohésion au sein de l’Alliance, le bien fondé d’un commandement unifié, l’intérêt d’une planification et d’une diplomatie publique efficaces, la pertinence d’une approche civilo militaire globale, et la nécessité de pouvoir déployer des forces à distance stratégique sur une période prolongée.
02.Extrait du nouveau concept OTAN, Lisbonne (novembre 2010)
La sécurité par la gestion de crise
20. Les crises et conflits au-delà des frontières de l’OTAN peuvent constituer une menace directe pour la sécurité du territoire et des populations des pays de l’Alliance. En conséquence, l’OTAN s’engagera, lorsque c’est possible et nécessaire, pour prévenir ou gérer une crise, stabiliser une situation post-conflit ou aider à la reconstruction.
21. Les enseignements tirés des opérations de l’OTAN, en particulier en Afghanistan et dans les Balkans occidentaux, montrent à l’évidence qu’une approche globale -politique, civile et militaire - est indispensable pour une gestion de crise efficace. L’Alliance s’engagera activement avec d’autres acteurs internationaux avant, pendant et après une crise pour promouvoir la collaboration dans l’analyse, la planification et la conduite des activités sur le terrain, à dessein de maximiser la cohérence et l’efficacité de l’action internationale d’ensemble.
22. La meilleure façon de gérer un conflit, c’est d’éviter qu’il ne survienne. L’OTAN suivra et analysera constamment l’environnement international pour anticiper les crises et, lorsqu’il y a lieu, prendre des mesures actives visant à les empêcher de se muer en véritables conflits.
23. Pour le cas où la prévention des conflits ne réussirait pas, l’OTAN sera prête et apte à gérer les hostilités. L’OTAN dispose de moyens uniques de gestion des conflits, y compris une capacité inégalée de projeter et de soutenir sur le terrain des forces militaires robustes. Les opérations qu’elle dirige ont fait la preuve de la contribution indispensable que l’Alliance peut apporter aux efforts internationaux de gestion des conflits. NB. (soulignés : Expressions connotant l’action unilatérale offensive de l’OTAN ou des Etats Unis en cas de crise).
3.IMMARIGEON , Diagonale de la défaite, Bourrin Editeur, 2010 interview Par Olivier Kempf le vendredi 16 avril 2010, 19:37 (extraits
« Les Américains, avec qui j’ai étudié, vécu et travaillé, sont vraiment gens extraordinaires : s’il est un domaine dans lequel leur culture est d’une ignorance crasse, c’est bien l’Histoire, y compris la leur. Et voilà que, par secousses telluriques, ils fondent sur tel ou tel événement qu’ils séparent de son contexte, et construisent tout un artifice sans avoir aucune base philosophique ni aucun recul pour cela. La Bataille d’Alger, par exemple... Ils disent aujourd’hui : il faut faire comme Lyautey. Non : il faut être Lyautey. Ils en sont incapables vu la faillite de leur système éducatif - dont on ne veut pas voir qu’il est le fondement de l’inadaptation de l’Amérique aux nouvelles conditions de concurrence - et s’ils veulent jouer les Massignon, les Foucault ou les Lawrence, qu’ils commencent donc par apprendre la langue du cru, qu’ils s’immergent dans le milieu autochtone en situation de vulnérabilité... Mais pour eux il existe pour tout problème un modèle intemporel que les expériences passées permettent de cerner de proche en proche. Ils ne comprennent pas que si l’histoire présente des similitudes elle reste essentiellement contingente : ce refus de la contingence est exactement ce que de Gaulle reprochait à notre doctrine des années trente ... »
...Or le principe d’intégration totale qui nous a fragilisé [avec la conception de la ligne Maginot est précisément celui que nous nous imposons dans la globalisation. Et nous ne sommes pas au bout des désillusions : imaginons que les Talibans, en s’emparant d’un terminal de gestion des tickets restaurants du camp de concentration de Bagram, remontent, en faisant sauter les codes, jusqu’au ciblage des missiles des sous-marins Classe Ohio ? C’est stupide comme supposition, mais à force de tout vouloir intégrer, on se recréée des Ardennes et des Sedan et on les signale à l’adversaire. Et tout cela pour un avantage finalement limité qui nous coûte en revanche des moyens considérables uniquement pour sécuriser ou neutraliser des failles que nous ouvrons nous-mêmes. ... A part garantir des marchés d’armement juteux et gonfler les profits du complexe militaro-industriel, il n’y a strictement aucun intérêt à cela. Nous ferions mieux de nous préoccuper de gagner des guerres frustres et simples, par exemple de sécuriser le détroit d’Ormuz pour le jour où les Iraniens feront une prise de gage sur Dubaï, plutôt que de délirer sur une arme nucléaire perse qui, pour reprendre un mot de Robespierre, « n’est qu’un épouvantail agité par des fripons pour faire peur à des imbéciles
4. Jean Pierre BALLIGAND l’ennemi intérieur,[Blog de J. P. Balligand] sept.2010
« L’ennemi intérieur » permet de militariser la politique de sécurité, Il ne faut donc pas s’étonner que N. Sarkozy déclare régulièrement la « guerre » aux délinquants. (la dernière fois à Grenoble) Car la politique qu’il promeut évoque davantage des opérations de contre-guérilla que la protection des biens et personnes dans un état pacifié. Exit la police de proximité, et le travail en amont mené par la gendarmerie, désormais en voie de fusion-absorption par la police nationale. Dépassé, le respect des grands principes du droit tels que la présomption d’innocence - qui a il est vrai le tort de figurer dans un texte aussi daté que la Déclaration des droits de l’homme - puisque désormais le Président - pourtant « garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire », selon cet autre texte,aujourd’hui dépassé, qu’est la Constitution - et même son ministre de l’Intérieur, s’autorisent à désigner des coupables ou présumés tels. .. » Place donc, au nom de l’efficacité, aux "opérations coups de poing", aux "déploiements de force", où on envoie des dizaines de policiers procéder à quelques interpellations, avec menottage au sol et fouille au corps, dont la suite importe peu. Place au survol des quartiers sensibles en hélicoptère, pour être sûr d’éviter tout contact avec la population. Place à la vidéosurveillance, rebaptisée vidéoprotection pour tenter de masquer que le premier résultat de cette politique n’est pas tant le renforcement de la protection que de la surveillance de la population.
A bien y regarder, cette construction d’un ennemi intérieur apparaît comme le rouage central d’une mécanique de destruction de ce qui constitue - comme le précise l’article premier de la Constitution, encore lui - la devise de notre République : "Liberté, Egalité, Fraternité". On savait déjà que la politique ultralibérale du gouvernement était marquée du sceau de l’inégalité - les baisses d’impôts au bénéfice des plus favorisés en étant la manifestation la plus visible. On voit que pour préserver cette politique... , le gouvernement est prêt à faire litière de la fraternité. Dernière étape dans la dissolution du coeur de notre République, la création de cet ennemi de l’intérieur justifie la restriction des libertés individuelles (le droit de la guerre n’est pas le même que celui de la paix) et la multiplication des dispositifs de surveillance de la population
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