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Editorial : Retour à l’échelle interétatique
Editorial : Retour à l’échelle interétatique
14 septembre 2005
Tout projet stratégique a un prix. Les élargissements sans approfondissement convaincant ont conduit à un rejet électoral peut-être moins coûteux dans sa radicalité que les multiples compromis qu’aurait nécessitée la mise en oeuvre d’un Traité. Mais à l’échelle de l’Union, on ne peut plus masquer la remontée de la dimension nationale, voire nationaliste ou populiste dans les expressions politiques. Dans beaucoup d’Etats les élections donnent aux partis nationalistes et/ou libéraux des majorités nettes. Le processus d’union entre Etats s’effrite au profit d’une « concurrence interétatique », même si elle passe à travers une restauration des lieux de la souveraineté électorale.
Ce mouvement n’est pas limité aux pays d’Europe. De la Russie aux Etats-Unis, du Japon à l’Iran, les électeurs manifestent des replis identitaires sinon égoïstes que masque ou provoque le discours sur l’inévitable mondialisation. L’idée simpliste selon laquelle il suffisait d’adjoindre à l’imposition du marché, l’organisation d’élections légitimantes pour faire entrer à marche forcée dans la modernité atteint ses limites. Les électeurs saisissent l’outil électoral dans un mouvement de refus global ; ou choisissent des leaders radicaux (Iran - comme autrefois le FIS en Algérie ; hypothèse d’un succès des extrêmistes de « Rodina » en Russie après Poutine...) ; ou encore vont jusqu’au bout de la logique comme en Bolivie, demandant que le nouvel élu nationalise les ressources « mondialisées » par les entreprises internationales.
En Europe, la présidence britannique, qui ne veut pas d’un modèle « continental » s’efforcera de pousser un regroupement d’Etat-nations, relais des Etats-Unis. Mais dans les deux ans qui viennent, la France, l’Allemagne, l’Italie seront dominées par des élections générales et dans un contexte de crise économique il ne faut pas compter sur leurs leaders nationaux pour avoir une vision plus large que leurs mandants directs. Or défis, risques et menaces sur la sécurité intérieure et aux marges du continent s’accroissent. Rien ne fonctionne en Irak, le discours israélien sur la « feuille de route » masque son rejet au sein d’un Grand Moyen-Orient explosif.
Réponses nationales ou nouvelles institutions supra nationales ?
DS
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