CIRPES - Centre Interdisciplinaire de Recherches sur la Paix et d'Etudes Stratégiques
---------------------------
<naviguer>
---------------------------

Les Cahiers d’études stratégiques

L’équipe

Le Débat stratégique

---------------------------
<dans la même rubrique>
---------------------------

Militarisation de l’humanitaire, privatisation du militaire : Cahier d’études stratégiques n°36-37

Cahier 33 : Armement et pays émergents : Brésil, Israël, Corée du Sud

Stabilisation des Balkans ?

2001 : l’Europe de l’armement en panne ?

Vers une "grande transformation" stratégique américaine ?

La consolidation de l’Europe de l’armement face au défi transatlantique

Processus de paix et Etats de guerre : Colombie, Balkans, Moyen-Orient

La globalisation : "nouvelle frontière" du leadership américain ?

Etat et firmes d’armement en Europe. Cahier N° 22

Contrôler l’Eurasie - Cahier n° 21 - 2ème trimestre 1998

Les territoires de l’Union - Cahier n° 19 - 2ème trimestre 1997

Nouvelle pratique des alliances - Cahier n° 20 - 2ème trimestre 1997

Révolution dans les affaires militaires ? - Cahier n° 18 - 4ème trimestre 1995


Bienvenue > Les Cahiers d’études stratégiques > Naissance de l’Europe de l’Armement

Cahiers d’Etudes Stratégiques N° 27

Naissance de l’Europe de l’Armement

Jean-Paul Hébert

juin 2000

juin 2000

Résumé

La transformation des industries d’armement européennes commence à la fin des années quatre-vingt quand en Grande-Bretagne est lancé le mouvement de privatisation, qu’en Allemagne, Daimier-Benz rassemble dans Dasa les deux tiers de la production allemande de défense, qu’en France même se font les premiers changements de statuts avec les pertes d’indépendance de Turboméca ou de Luchaire, ou la naissance de Sextant avionique.

L’OPA conjointe de Siemens et GEC sur le britannique Plessey introduit une dimension européenne dans les recompositions. Le mouvement continue dans les années quatre-vingt-dix avec le démantèlement de Ferranti en Grande-Bretagne, la transformation des arsenaux terrestres français en société, GIAT industries, et la naissance de pôles nationaux forts en Grande-Bretagne (British Aerospace et GEC) et en Allemagne (DASA). Le tissu industriel français de l’armement dans la première moitié des annéesquatre-vingt dix reste plus distendu que celui de ses voisins. Cependant les conditions de la mutation du système français se mettent en place, le conduisant d’une régulation administrée à une régulation concurrentielle.

L’urgence d’une recomposition européenne devient plus cruciale avec le formidable mouvement de concentration de l’industrie américaine qui de 1993 à 1997, fait naître trois groupes géants dont les prétentions hégémoniques sont à peine dissimulées. Une première accélération des changements se fait en France en 1998 avec les décisions de privatisation du groupe Thomson-CSF, élargi par son rapprochement avec Alcatel et Dassault Electronique et l’alliance entre Aérospatiale et Matra Hautes Technologies. Ces décisions qui mettent fin au contrôle unique du capital des firmes par l’Etat préparaient les conditions des rapprochements européens nécessaires.

L’année 1999 est celle d’une nouvelle accélération du processus et l’on peut à bon droit considérer qu’elle marque la naissance de l’Europe industrielle de l’armement. La constitution de Bae Systems par l’intégration dans Bae des activités militaires de son compatriote GEC, la naissance d’EADS, rassemblant Aérospatiale-Matra, Dasa, Casa, puis Alenia, la constitution pour l’activité spatiale d’Astrium, l’élargissement dans le secteur des missiles de MBD, devenant le numéro 2 mondial du secteur : toutes ces concentrations ont en quelques mois bouleversé le paysage européen des industries d’armement et modifié substantiellement le rapport de force avec les industries américaines.

Ce bouleversement n’est cependant qu’un point de départ : il faut réussir économiquement ces fusions. Il faut surtout qu’une construction politique accompagne cette construction industrielle : les travaux des six pays de la Loi, la mise sur pied de l’OCCAR sont des éléments de cette construction politique mais il sera nécessaire d’aller au-delà pour avoir les moyens doctrinaux de penser l’autonomie stratégique nécessaire à l’Europe.

Une vision affirmée de cette autonomie est d’autant plus nécessaire qu’il est évident que l’administration américaine et les industries du secteur ne resteront pas inactives face à cette modification des conditions de la compétition internationale. Si les " méga-fusions " paraissent bien être remises à un futur indéfini en ce qui concerne l’ensemble aéronautique-espace-électronique, on peut en revanche s’interroger sur la vulnérabilité des secteurs classiques (armement terrestre en particulier) dont la concentration est loin d’être au même niveau que celle de l’aéronautique.

La constitution de l’Europe de l’armement, jusqu’à présent essentiellement portée par le mouvement industriel, rend plus urgente que jamais la concrétisation d’une Europe politique capable de se doter d’une défense unique, comme elle est en train de se doter d’une monnaie unique.


Sommaire

Introduction

Chapitre 1

Les restructurations majeures de l’industrie d’armement en Europe en 1999 9

Chapitre 2

Aléas des programmes d’armement en coopération 37

Chapitre 3

L’évolution des relations transatlantiques entre systèmes de production d’armement 47

Conclusion

L’Europe est la prochaine étape ... Mais le lancement de cette étape est provisoirement retardé 69

Annexes :

L’industrie des munitions : Vers la mondialisation ? - Yves Bélanger 75

Les principaux acteurs de l’industrie des munitions, dynamique et stratégies - Yves Bélanger 89

Rheinmetall : un paradigme de la restructuration du secteur de la défense en Allemagne - Peter Lock 99

Résultats 1994-1998 des firmes françaises d’armement 117


 


Imprimer cet article

Cet article au format PDF

  [Haut de page]