CIRPES - Centre Interdisciplinaire de Recherches sur la Paix et d'Etudes Stratégiques
---------------------------
<naviguer>
---------------------------

Le Débat stratégique

L’équipe

Les Cahiers d’études stratégiques

Le débat stratégique N°98 Juillet 2008

Le débat stratégique N° 102 - Mars 2009

Le débat stratégique N° 90 - Avril 2007

Le débat stratégique n° 100 -Novembre 2008

Le débat stratégique N° 101 - Janvier 2009

Le débat stratégique N° 103 - Mai 2009

Le débat stratégique N° 104 - Juillet 2009

Le débat stratégique N° 105 - Septembre 2009

Le débat stratégique N° 106 - Novembre 2009

Le débat stratégique N° 107 - Janvier 2010

Le débat stratégique N° 108 - Mars 2010

Le débat stratégique N° 109 - Mai 2010

Le débat stratégique N° 110 - Juillet 2010

Le débat stratégique n° 79 - Mars 2005

Le débat stratégique n° 80 - Eté 2005

Le débat stratégique n° 81 - Septembre 2005

Le Débat stratégique n° 82 - Novembre 2005

Le débat stratégique n° 83-Janvier 2006

Le débat stratégique n° 84-Mars 2006

Le débat stratégique N° 85 Mai 2006

Le débat stratégique N° 86-Juillet 2006

Le débat stratégique n° 87 Septembre 2006

Le débat stratégique N° 88-Décembre 2006

Le débat stratégique N° 89-Janvier 2007

Le débat stratégique n° 91 Mai 2007

Le débat stratégique n° 92 Juillet 2007

Le Débat stratégique N° 94 Novembre 2007

Le Débat stratégique N°93 Septembre 2007

Le débat stratégique N°95-Janvier 2008

Le débat stratégique N°96- Mars 2008

Le débat stratégique N°97 Juin 2008

Le débat stratégique N°99 Septembre 2008

---------------------------
<dans la même rubrique>
---------------------------

Menace principale pour la sécurité européenne : le néolibéralisme guerrier

Cohérence du Livre Blanc sur la Sécurité Nationale

La pertinence du critère d’intensité des combats

L’impact des politiques de sécurité globales sur la politique de défense nationale peut détruire le politique comme activité démocratique rationnelle.

Relancer l’Europe de l’armement par la coopération

L’incertaine logique économique du livre blanc


Bienvenue > Le Débat stratégique > Le débat stratégique N°98 Juillet 2008 > Notes de Lecture

Notes de Lecture

Elie Kheir

Par Élie Kheir, Par Michel Rogalski, 23 juin 2008

Gérard CHALLIAND. Le nouvel art de la guerre, Editions de L’Archipel, Paris, mai 2008, 157 pages

Hamit BOZARSLAN. Une histoire de la violence au Moyen-Orient. De la fin de l’empire Ottoman à Al-Qaida. Editions La Découverte, Paris, Juin 2008, 318 pages.

Gérard Chaliand prévient son lecteur, dans une « note liminaire, « que l’objet de son livre est double ». D’une part, il cherche à répondre à la question suivante : « les troupes occidentales peuvent-elles, aujourd’hui, gagner des guerre irrégulières comme celles d’Irak ou d’Afghanistan, par exemple ? ». D’autre part, il s’agit d’examiner par quelle évolution les troupes européennes, au cours du siècle qui précéda la seconde guerre mondiale, ont toujours fini par triompher dans les guerres coloniales, tandis que, depuis 1945, à de rares exceptions près, les guérillas auxquelles les troupes occidentales s’opposent n’ont pu être éradiquées ».

Où résident alors les causes de ce retournement ? Selon l’auteur, et avec raison, cette évolution ne s’explique pas d’un point de vue strictement militaire et moins encore par l’armement seul.

Après deux chapitres (Le premier sur la « Généalogie de la Guerre » et le deuxième sur « les guerres coloniales pages 21 à 127), nous arrivons au dernier chapitre de l’essai portant sur « les transformations de la guerre irrégulière » (pages 127 à 143). A part « les modifications importantes dans l’esprit du temps au lendemain de la deuxième guerre mondiale », Gérard Challiand insiste pour répondre à sa question de départ, « sur deux grandes mutations » : Les transformations de la démographie mondiale et celle récente « de la sensibilité occidentale à l’égard de la mort et de la guerre » et leurs conséquences sociales sur le théâtre de guerre ».

En ce qui concerne la dimension démographique, l’auteur souligne que, lorsqu’on « évoque les questions militaires, il convient d’accorder une grande attention à cette question et à son évolution, tout particulièrement en ce qui concerne la période 1950-2000 ». Entre ces deux dates en effet, il y a une différence considérable : en 1950, « l’Europe et l’Amérique du Nord représentaient 33% de la population mondiale ». En 2000, « Cette proportion n’est plus aujourd’hui que de l’ordre de 15% et continue de s’amenuiser ».

Un autre aspect de la dimension démographique, c’est que la conséquence majeure de la relative stagnation ou d’un faible développement de la population réside dans son vieillissement relatif. « Cela est particulièrement sensible en Europe où, en 1950, la proportion des moins de quatorze ans était de 26,2%, contre15,9% en 2005. En même temps, la proportion des plus de soixante-cinq ans était de 8,2% en 1950, elle est de 16% en 2005 ; cette proportion devrait atteindre 25% environ avant 2050. Cette structure démographique ne manquera pas d’avoir des effets sur la capacité de recrutement des armées occidentales.

D’autre part, la population du Sud est devenue beaucoup plus nombreuse que pendant les guerres coloniales. La haute technologie de l’armée des États-Unis ne leur a pas suffi pour contrôler les 25 millions d’Irakiens.

Quant au livre de Hamit Bozarslan, il appartient sans nul doute, à la catégorie de recherches fondamentales en sciences sociales. C’est le résultat de plusieurs années de recherches universitaires : sur 318 pages du livre, les notes, la chronologie, la liste des personnalités, la liste des acronymes et organisations, la liste des termes et concepts moyen-orientaux et, pour couronner le tout un index, occupent 74 pages.

Inutile de souligner que ces annexes nécessaires pour un lecteur néophyte et surtout pour un chercheur, ne sont pas les seuls « atouts » de cette étude. Elle apporte une approche radicalement différente des discours simplistes mais aussi des idéologies essentialistes et néoconservatrices et de leur ton raciste et colonial. Hamit Bozarslan, quant à lui, se place dans la lignée de l’école de Maxime Rodinson qui le cite( pages 6et 8) : « je maintiens fermement que le sociologue doit être, en un sens « existentialiste ».Les sociétés et les groupes n’ont pas d’essence, d’être perdurable, de fidélité à des « invariantes » immuables, « de mission » ou de « vocation », bonnes ou mauvaises ».

Le livre est structurée en trois parties : la première traite des « États, nationalismes et contestations révolutionnaires (1906-1979) ».Cette partie inclut des chapitres sur « la guerre mondiale, la dissolution de l’Empire Ottoman et les régimes mandataires », « De la Nakba aux Régimes révolutionnaires », et les conséquences de la guerre des six jours.

La deuxième partie, (cinq chapitres), portant sur « les guerres régionales, l’islamisme révolutionnaire et la répression entre 1979 et1991 ».

Enfin, la dernière partie est consacrée aux « jihads en terre d’Islam et guerres des années 2000 ».La première leçon que Hamit Bozarslan tire de « cette multiplication des zones d’instabilité est que les dynamiques de la violence ne sont pas à chercher dans la violence elle-même, mais bien dans les contextes qui la voient émerger et dans les processus qu’elle déclenche à son tour ». La deuxième leçon est que « tout indique que l’avenir du Moyen-Orient restera encore hypothéqué pendant des années par des régimes non-démocratiques, de »faible » ou de « haute capacité », débouchant souvent sur des « tyrannies fragmentées » en possession des ressources considérables pour assurer leur survie. »

Gérard Chaliand, explique pourquoi il est très difficile pour les puissances occidentales de soutenir des guerres de très longue durée. Hamit Bozarslan, quant à lui, conclut son ouvrage en constatant «  que nous vivrons encore longtemps avec les souffrances et les sombres subjectivités moyen- orientales et partant mondiales et les violences dont elles sont porteuses. »

Autrement dit, entre l’incapacité des puissances occidentales d’entreprendre des guerres victorieuses de longues durées et la permanence des conflits (sinon leur extension ), nous nous trouvons devant une situation de crise permanente sur la périphérie Sud-Est de l’Europe. Il est peut-être temps que L’Union Européenne en tire les conséquences. Notamment Pour sa PESC. Mais ceci est une autre histoire.


Jacques SAPIR Le nouveau XXI° siècle - Du siècle “ américain ” au retour des nations (Seuil, 2008, 255 p., 19 euros)

Bien connu - et reconnu - comme spécialiste de la Russie et aussi féru en théorie économique, Jacques Sapir, directeur d’études à l’EHESS, s’avance sur de nouveaux domaines : la géoéconomie, les relations internationales, l’analyse militaire. Le résultat est stimulant.

Quand la guerre du Golfe et la dissolution de l’Union soviétique surviennent, chacun comprend que le XX° siècle se termine. D’aucuns prophétiseront même avec excès la fin de l’Histoire et peu se seraient alors risqués à ne pas voir la suprématie assurée des États-Unis sur le siècle à venir. C’est l’histoire de ce qui s’avère aujourd’hui avoir été une courte illusion que Jacques Sapir nous invite à revisiter.

Car en quelques années, au tournant du siècle, des événements vont marquer la scène mondiale et jeter à bas la perspective d’un “ siècle américain ”. Entre la crise financière internationale qui démarre en Asie en 1997 et l’intervention en Irak en 2004, tout s’est joué d’après l’auteur de telle sorte que le projet américain capote. Les éléments qu’il retient sont assez convaincants. Il dénombre plusieurs causes enchevêtrées. Tout d’abord, l’échec de la maîtrise américaine sur la mondialisation profondément révélé par la crise financière partie d’Asie dès 1997 et qui déligitimera les croyances dans les bienfaits de la libéralisation commerciale et financière ainsi que les rassemblements de Seattle et Gênes, préfigurant l’échec du cycle de Doha, l’attesteront.

La répétition de l’usage de la force, comme dans le Golfe ou au Kosovo, trouvera sa limite dans le fiasco de l’expédition irakienne aux conséquences non-maîtrisées et relativisera la puissance militaire américaine. Le projet d’intégration/réduction de la Russie échouera et les États-Unis devront faire avec le retour sur la scène mondiale de ce pays comme puissance souveraine et non pas inféodée. Enfin l’émergence de puissances asiatiques comme l’Inde et la Chine modifie non pas seulement la scène asiatique mais l’espace mondial.

A l’évidence, la vision d’un monde unipolaire dominé par la puissance américaine doit être revue et faire place à l’émergence d’un monde multipolaire qui voit resurgir les grands États-nations s’adossant à des Etats-développeur et rompant avec la pensée dominante mondialisatrice et libérale. Ainsi s’effondrent tout à la fois le projet des neocons américains pensant refaçonner le monde et les analyses sur l’” Empire ” à venir chères à Antonio Negri dont les prédictions cosmopolitistes se trouvent en porte-à-faux avec le contenu du “ tournant à gauche ” de l’Amérique latine ou la montée en puissance d’État souverains structurant un monde multipolaire.

L’auteur considère que cet intermède du tournant de siècle ne constitue pas une parenthèse qui pourrait par exemple être refermée à travers les prochaines élections américaines. Non, ce qui s’est passé est suffisamment structurant pour exclure tout retour à la dynamique mondiale qui prévalait en 1991. Il souligne à juste titre combien “ la tentative de construire par la force l’hégémonie de certaines valeurs les a durablement relativisées ” et conduira soit à les reconstruire en dehors de toute instrumentalisation, soit à y renoncer. L’ouvrage, beaucoup plus musclé sur l’analyse que sur la proposition, contribue à faire avancer de nombreux débats d’idées qui préoccupent ceux qui s’intéressent à la scène mondiale. Qu’il s’agisse de la caractérisation du processus de mondialisation, des contradictions - insolubles à ses yeux - d’une régulation de l’économie mondiale, du retour de l’État-nation, de la faiblesse du discours libre-échangiste et du renouveau d’un discours protectionniste, ou plus simplement de l’essor ou du déclin des Nations ou des formes de l’hégémonie internationale. Sur toutes ces questions l’ouvrage interpelle, dérange les certitudes établies et contribue donc au débat nécessaire.

Michel Rogalski


ARES numéro 59 volume XXIII fascicule 1 avril 2008 , sous la direction de brigitte Vassort-Rousset : « Religion, identity and internaitonal security »

ARES depuis 23 ans poursuit un travail d’analyse des questions de défense et de sécurité (nationales, européennes, internationales), des problèmes de course aux armements et de désarmement et des sujets d’économie de la défense qui en fait une revue de référence sans équivalent dans ce domaine. ARES est réalisé par un réseau de centres et de groupes de recherches universitaires de Grenoble 2, Lyon 3, Rouen, Nice et Toulon.

La livraison d’avril 2008 contient un dossier sur la question « religion, identité et sécurité internationale » qui retient l’intérêt. Notamment avec les contributions de Brigitte Vassort-Rousset, mais aussi de Thomas Diez et Mariano Barbato (Birmingham et Florence), d’Elise Féron (Louvain-la-neuve) et Thomas Meszaros (lyon 3). L’ensemble est une contribution utile sur un sujet trop souvent caricaturé.

Louis Cornu


United nations Insitute for Disarmament Research, The Humanitarian impact of Cluster Munitions, Genève , 2008 , 68 pages

La brochure de l’Unidir fait le point sur les bombes à sous-munitions., notamment avec deux étdues de cas précises sur la Liban, avec la guerre israéleinne (entre 1 et 4 millions d’engins, dont 90% tiès dans les trois derniers jours du conflit) et le cambodge qui malgré les actions de déminage menées depuis trente ans subit encore les conséquences des largages américains. L’analyse est rpécise et contient d’utiles références bibliographiques

Louis Cornu


 


Imprimer cet article

Cet article au format PDF

  [Haut de page]