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Le Débat stratégique

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Notes de lectures

11 octobre 2007

Christophe Bertossi et Catherine Wihtol de Wenden, les couleurs du drapeau : l’armée française face aux discriminations Editions Robert laffont, paris, 2007, 276 pages

Cet ouvrage présente les résultats d’une longue enquête menée auprès de français issus de l’immigration servant dans les armées françaises. cette enquête est basée sur des entretiens : 14 avec des gendarmes, 17 avec des membres de l’armée de terre, 8 avec des aviateurs et 14 avec des marins. la présentation méthodologique de l’enquête est donnée en fin de volume.

Les auteurs rejoignent les conclusions de travaux comme ceux de brouard et Tiberj (« français comme les autres », presse de sciences po paris, 2005) ou l’ouvrage d’Evelyne Ribert (« liberté, égalité, carte d’identité » La découcverte, 2006) : « loin de constater un affaiblissement du sentiment national par rapport à un idéal mythique identifié à la IIIème République, l’étude met en relief une véritable adhésion à la nation française » (page 242). ces soldats issus de l’immigration sont peu européens et peu politisés et se définissent avant tout comme français. Ils sont particulièrement sensibles aux discriminations qu’ils peuvent subir, discriminations aggravées quand il s’agit de personnel féminin, ce qui n’est pas inattendu.

« Intégration » est un terme qu’ils acceptent généralement mal, car pour eux elle va de soi. Ce n’est pas une question qu’ils se posent. C’est éventuellement seuleemnt une réalité déstabilisante qu’on leur renvoie. l’ensemble du document souligne également que les peurs basées sur le danger d’une communautarisation croissante ne sont pas fondées et que l’islam n’apparaît pas comme le vecteur d’un repliement. et les auteurs soulignent qu’il est pertinent pour le fonctionnement même de l’institution militaire que l’islam ait une place comme l’ont les autres aumôneries.

l’ouvrage apporte une connaissance précieuse sur la réalité quotidienne vécue par les militaires issus de l’immigration, dans une écriture claire et synthétique J-P Hébert


A nouveau disponible : (deuxième tirage)

Cahier d’études stratégiques N°40-41 Alain JOXE « La Globalisation Stratégique ». 300 pages, 30 euros.

L’ouvrage regroupe des contributions constituant un fond de tableau de la métamorphose stratégique depuis 1990 avec pour objectif théorique de cerner progressivement une définition précise du processus de la globalisation, envisagée du point de vue stratégique.

L’érosion de tous les Etats-nations par l’assaut de la dérégulation néolibérale laisse à nu l’interdépendance de la violence capacitaire des nouveaux armements et de l’économie mathématisée. Une nouvelle anthropologie de l’interaction des identités collectives dans des relations conflictuelles, économiques et militaires est nécessaire. Il fallut étudier cette réarticulation économie-violence par petits chantiers, pour construire la représentation théorique exacte de cette interdépendance dans la globalisation, c’est à dire dans la délocalisation de la souveraineté, qui se concentre de fait dans l’Empire Américain global, dans les grandes confédérations en formation, comme l’Europe, et dans des « souverainetés d’entreprises », dont la politologie reste à faire.

La première partie traite de la transformation des « fondements » de la stratégique (à la suite de Poirier) et revisite la dialectique du combat de Clausewitz et la logistique jominienne modernisée.

Elle décrit une topologie de la prédation d’empire, née de l’électronique de gestion, qui encadre l’avènement du « temps réel » et certains « espaces virtuels » d’addictions formant marchés captifs. La deuxième partie est une anthropologie des transformation des identités stratégiques, dans le désordre et l’insécurité des guerres cruelles à la fin de la bipolarité. La troisième partie se promène dans quelques représentations stratégiques tirées du théâtre tragique ou de l’anthropologie et la psychosociologie de la guerre et de la paix. La quatrième partie aborde l’évolution récente des nouvelles frontières de la violence à toutes les échelles.

Par l’érosion des identités géographiques de bon voisinage, la globalisation stratégique met aujourd’hui en cause l’existence même de la démocratie. D’où la proposition en conclusion de nommer « Fascisme global » le résultat tendanciel de la transformation en cours, tout en conservant l’idée qu’une défense efficace de la démocratie sociale reste probable à l’échelle mondiale.


 


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