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Notes de lecture

Par Michel Rogalski, 18 juin 2007

Hubert VEDRINE (avec la collaboration d’Adrien Abécassis et Mohamed Bouabdallah), Continuer l’histoire, Fayard, 2007, 150 pages

Hubert Védrine, nous propose ici de revisiter l’évolution de la situation mondiale surgie au début de la décennie 90. Il montre sans peine que le nouvel ordre promis par les Américains après la fin de la guerre froide relève de l’illusion et a donné naissance à un monde dur, instable et inquiétant, ou que l’unilatéralisme est devenu tout simplement impossible. Cette analyse, après le bourbier irakien dans lequel les neoconservateurs américains ont entraîné leur pays ou l’échec patent de leur projet de Grand Moyen-Orient, est maintenant assez largement partagée.

Ce qui retiendra le plus l’attention du lecteur, c’est la façon dont Hubert Védrine prend plaisir à réfuter nombre de considérations qui circulent sur ce qu’il est convenu d’appeler l’analyse de la scène mondiale. Ainsi le concept de “société civile internationale” masque les mêmes rapports de forces que dans le monde interétatique et n’a peut-être pas toutes les vertus qu’on lui prête. Il montre que l’essentiel des grosses ONG, “celles qui disposent de plus de moyens et de relais médiatiques, donc les plus puissantes, sont presque toutes anglo-saxonnes.” La charge se fait plus vive encore pour fustiger le concept de “gouvernance” qui recèle un potentiel totalitaire évident posant un redoutable défi démocratique. Il souligne que le monde actuel souffre plutôt de l’impuissance des États que de leur excès de puissance et que ce n’est pas en délégitimant les États que l’on améliorera la marche du monde. Car peut-on favoriser l’émergence d’un système multilatéral régulé si l’on commence par affaiblir son maillon de base, l’État.

La souveraineté ainsi abandonnée quelque part sera récupérée par le marché. On appréciera également l’invitation à réfléchir sur l’analyse proposée par Samuel Huntington en terme de conflits de civilisations plutôt que de fusiller le messager qui apporte la mauvaise nouvelle, au demeurant prédictive et non prescriptive. Concernant l’Europe, il encaisse le non au référendum prenant la mesure du tournant effectué, même s’il n’y voit qu’un refus de la perspective proposée sans se douter qu’il y a là également un refus d’accorder quitus à la construction passée. A ses yeux la réalité rejoindra peu ou prou la théorie des trois cercles : “un noyau central, ce qu’est déjà la zone euro ; l’Union plus large à trente-cinq ou plus ; les pays associés, ce que Romano Prodi a appelé “l’anneau des pays amis”, auxquels est proposée une politique de bon voisinage”. Prenons acte qu’il reconnaisse “qu’il n’était pas prévu que l’intégration européenne tourne au cheval de Troie de la mondialisation “libérale” et qu’il admette sans détour que la mondialisation qui s’abat sur nous “rend suspect le rôle de l’État et fait passer la protection sociale pour un insupportable handicap”.

On ne le sent pas farouche partisan d’une politique étrangère commune européenne tant il souligne les doutes sur son fondement et les difficultés de sa mise en place. On le sent à l’aise dans le gaullo-mitterrandisme : “Pour la France, l’idéal serait que l’Europe suive envers les États-Unis la ligne qui est grosso modo la sienne depuis le début de la V° République : amie, alliée, pas alignée - le point délicat étant le troisième...”

Michel ROGALSKI


 


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