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Trois guerres punitives châtiant des électorats communautarisés
Trois guerres punitives châtiant des électorats communautarisés
18 décembre 2006
Les Etats Unis et Israël s’obstinent à penser qu’on peut démocratiser de force un peuple après avoir détruit l’Etat et donc après avoir engendré par la violence la renaissance des identités communautaires.
Cette absurdité se comprend des Etats Unis qui sont codés par leur succès démocratisant en Allemagne et au Japon. Mais Israël devrait comprendre qu’en maintenant sa propre légitimité autour d’une définition sioniste, c’est à dire unicommunautaire, de l’Etat, il ne peut qu’encourager les Palestiniens naguère laïcs et pluricommunautaires, à en faire autant.
La guerre israélo-libanaise, la guerre israélo-palestinienne, la guerre d’Iraq, sont toutes les trois arrivées cette année à un degré de violence asymétrique et de chaos politique sans issue. Il faut relever que ce sont, toutes les trois, des guerres qui punissent les « mauvais électeurs », qui élisent des partis qui sont inacceptables au néolibéralisme guerrier car presque toujours à la fois nationalistes terroristes et religieux.
L’armée américaine ou l’armée israélienne se croient alors légitimement en charge, au nom de la vraie démocratie, de châtier collectivement ces électorats - non pas les combattants, mais les peuples. Si on se demande pourquoi la démocratie formelle, garantie par des observateurs agréés, aboutit à mener au pouvoir ces concentrés de révolte identitaire désespérée, on voit bien que c’est le résultat de la politique d’intervention dominatrice des armées, Israélienne ou Américaines dans l’espace arabe. En Palestine comme au Liban le vote en faveur des partis de la résistance la plus active est la seule forme de résistance populaire qui leur soit reconnue par la communauté internationale. Reconnu comme légitime, le vote est cependant châtié comme terroriste. C’est une absurdité mais elle est inhérente au colonialisme d’antan. Le recréer devient de plus en plus impossible. Le projet de grand congrès diplomatique sur le Moyen Orient devra en tenir compte.
DS
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